Article publié le 13 avril 2021 sur Valeurs actuelles.
Tête de liste du Rassemblement natio­nal pour les élec­tions régio­nales en Occitanie, Jean-Paul Garraud mise sur le ras­sem­ble­ment des élec­teurs « orphe­lins de gens sin­cères, authen­tiques, qui aiment leur pays ». Entretien avec un trans­fuge de l’UMP qui a fran­chi le Rubicon.

Valeurs actuelles : De juge d’instruction à dépu­té, com­ment en êtes-vous venu à la politique ?
Jean-Paul Garraud : J’avais consta­té au cours de mes fonc­tions judi­ciaires une évo­lu­tion inquié­tante de la socié­té, dès les années 1980 et la mon­tée de l’islamisme. L’argent de la drogue com­men­çait à finan­cer des mou­ve­ments. Tout ceci s’est confir­mé. Pour ten­ter de trou­ver une solu­tion, il fal­lait qu’elle soit glo­bale et ça ne pou­vait pas­ser que par la poli­tique. Je me suis pré­sen­té aux élec­tions légis­la­tives en 2002, sur le ter­rain de Gilbert Mitterrand, fils de François et dépu­té depuis 1981, sur la dixième cir­cons­crip­tion de la Gironde, la cir­cons­crip­tion de Robert Boulin. Sur le papier c’était impos­sible de gagner, nous n’étions que deux dépu­tés de la majo­ri­té dans le dépar­te­ment. Finalement, je le bats et cinq ans plus tard je suis réélu face à son ancien direc­teur de cabinet.

Quel bilan faites-vous de vos deux man­dats au Palais Bourbon ?
J’ai pris les sujets les plus dif­fi­ciles. A faire quelque chose, je n’allais pas le faire à moi­tié. Ce qui a fait dire à cer­tains que j’étais déjà à la droite de la droite, tout ça parce que je trai­tais de vrais sujets, rela­tifs à la sécu­ri­té, à l’immigration, au voile inté­gral, dont j’étais le rap­por­teur de la loi en 2010. Je me suis ser­vi de cette expé­rience pour fon­der le contre-pro­­jet à la loi sépa­ra­tisme pré­sen­té par le Rassemblement natio­nal, en jan­vier dernier.

Vos adver­saires uti­lisent votre man­dat de dépu­té de la Gironde pour vous repro­cher un « para­chu­tage » en Occitanie. Qu’avez-vous à leur répondre ?
Je suis ori­gi­naire de la région ! Je suis né à Toulouse, mes enfants et mon épouse aus­si. J’ai gran­di plus par­ti­cu­liè­re­ment dans le Comminges, à Martres-Tolosane, ville d’origine éga­le­ment de Carole Delga, la pré­si­dente sor­tante. Le pro­chain pré­sident sera for­cé­ment un Martrais ! J’ai éga­le­ment des racines dans le Tarn, à Gaillac et dans l’Aveyron, à Villefranche de Rouergue. Sur le plan pro­fes­sion­nel, j’ai été juge d’instruction pen­dant sept ans à Toulouse.

« Il y a eu un pic de délin­quance, consé­cu­tif aux remises en liber­té, mais vous ne trou­ve­rez jamais de sta­tis­tiques là-dessus. »

En 2012, vous reve­nez dans la magis­tra­ture. L’occasion de prendre le pouls sur le terrain ?
Je suis reve­nu sur le ter­rain. Dupont-Moretti se targue d’avoir fait acquit­ter un cer­tain nombre de gens. De mon côté, j’ai réus­si à faire condam­ner des cou­pables, les jurés m’ayant tou­jours sui­vi dans mes réqui­si­tions. Avec la suc­ces­sion de Christiane Taubira, Nicole Belloubet, puis Éric Dupond-Moretti au minis­tère de la Justice, c’est la catas­trophe assu­rée. S’il y a aujourd’hui beau­coup plus de délin­quance qu’auparavant, il faut se poser la ques­tion de la remise en liber­té de 13.000 déte­nus au pré­texte de l’épidémie. J’ai la cer­ti­tude qu’au pic épi­dé­mique qu’on a connu, il y a eu un pic de délin­quance, consé­cu­tif aus­si à ces remises en liber­té, mais vous ne trou­ve­rez jamais de sta­tis­tiques là-dessus.

Comment en êtes-vous venus à vous enga­ger auprès du Rassemblement national ?
Marine Le Pen avait repé­ré un cer­tain nombre de mes actions à l’Assemblée natio­nale. En 2012, j’avais fait part des valeurs com­munes entre les élec­teurs de droite et du FN. Tout le monde m’est tom­bé des­sus, […] Lire la suite sur valeursactuelles.com