Article publié le 16 mars 2021 dans le maga­zine Valeurs actuelles.

Ils sont deux candidats à briguer la présidence de la région Occitanie, les 13 et 20 juin prochains. Tout les oppose sur l’échiquier politique, sauf une commune au pied des Pyrénées : Martres-Tolosane. Pas de quoi les réunir devant le monument aux morts.

La scène est cocasse. Samedi 13 mars, en fin de mati­née, au cœur du Comminges, à Martres-Tolosane, en Haute-Garonne, des élus bloquent le pas­sage à d’autres élus, au nom de la République. Ils sont d’un côté une qua­ran­taine d’élus majo­ri­tai­re­ment de gauche, écharpe tri­co­lore sur le torse, fai­sant bloc face à une petite délé­ga­tion de quatre repré­sen­tants du Rassemblement natio­nal, sans signe distinctif.

Ces der­niers, emme­nés par le natif du vil­lage, désor­mais can­di­dat aux élec­tions régio­nales sous l’étiquette du RN, est venu dépo­ser une gerbe au pied du monu­ment aux morts de la com­mune, éri­gée par son arrière-grand-père, Henri Dulion. Un geste « sym­bo­lique » pour le can­di­dat qui enten­dait rendre « un hom­mage » à son aïeul avant de suivre ses pas dans l’arène politique.

Ce n’est pas l’avis de ses oppo­sants, maire de Martres-Tolosane en tête, Loïc Gojard, qui dénonce « une uti­li­sa­tion de mon monu­ment aux morts pour faire cam­pagne ». « On ne fait pas de poli­tique autour d’un monu­ment aux morts », ren­ché­rit le jeune maire de 37 ans, qui a orga­ni­sé ce contre-ras­­sem­­ble­­ment. « On l’a appris la veille », confie-t-il. De son côté, Jean-Paul Garraud dit avoir ten­té de joindre le maire, deux jours avant la visite « pour le voir avant mon dépla­ce­ment ». « S’il avait eu la moindre chose à me dire, il n’avait qu’à me rece­voir », ajoute-t-il. Faut-il voir la main de Carole Delga der­rière cette action menée par son pou­lain ? « Elle connais­sait l’action mais n’était pas pré­sente », répond Loïc Gojard, qui assure « ne pas avoir vou­lu l’empêcher de faire cam­pagne » sur le principe.

« Un comportement illégal »

C’est donc ce lieu com­mé­mo­ra­tif et sym­bo­lique qui est la cause de la dis­corde. « Les argu­ments de Jean-Paul Garraud sont vrais, il vou­lait rendre un hom­mage per­son­nel, mais dans ce cas, qu’il vienne sans la presse et son équipe », concède le maire de Martres-Tolosane. « Ce n’était pas une opé­ra­tion poli­tique », assure de son côté le dépu­té euro­péen, dépour­vu d’écharpe et venu « sans aucun mili­tant ». Autour de lui, seul son direc­teur de cam­pagne et deux autres conseillers régio­naux locaux sont venus l’accompagner.

Placés aux quatre coins du monu­ment aux morts, les élus socia­listes ont … […] 

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Nicolas Boutin